Ecouter en direct

l'actualité en Balagne avec Corse net infos

Emmanuel Macron viendra-t-il en Corse ? : L’incertitude demeure !
1 photo disponible

Emmanuel Macron viendra-t-il en Corse ? : L’incertitude demeure !


Calvi

Par

Le 13 Mars 2019


Le tour de France d’Emmanuel Macron zappera-t-il la Corse ? Le président de la République, qui avait annoncé sa venue dans l’île dans le cadre du Grand débat, n’arrête pas de repousser la date. Annoncé d’abord pour fin février, puis pour début mars, le déplacement semblait finalement programmé pour le 19 mars. Les services de la Préfecture sillonnaient l’île pour trouver le bon endroit et avaient opté pour Cozzano, un petit village de 280 habitants de la haute vallée du Taravo, niché à 750 mètres d'altitude, que la Préfète de Corse, Josiane Chevalier, avait visité quelques temps auparavant. Une rumeur confirmée par le maire, Jean-Jacques Ciccolini, et la venue sur place d’une équipe de l’Elysée chargée d’organiser une réunion-débat avec les maires du rural. Une réunion qui se voulait de la même facture que celle qu’Emmanuel Macron anime chaque semaine un peu partout sur le territoire français, mais qui, vu le contexte corse, le contentieux qui s’englue et s’élargit entre l’île et Paris, et l’attitude méprisante du chef de l’Etat envers le pouvoir nationaliste, s’annonçait, tout de même, quelque peu tendue, voire chahutée.

Un terrain miné
Pour déminer un terrain glissant, Emmanel Macron avait, en février, tenté un coup de poker en conviant le Président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, à un entretien en tête-à-tête à l’Elysée, en marge de sa rencontre avec les présidents des Conseils départementaux. Une invitation froidement déclinée par le leader nationaliste au regard de la situation de blocage politique instaurée par Paris : « De nombreuses demandes et attentes portées par la majorité territoriale nationaliste, et validées par le suffrage universel, n’ont malheureusement rencontré jusqu’à aujourd’hui qu’indifférence, refus, voire mépris… Dans ce contexte, la rencontre avec le Président de la République, si elle doit avoir lieu, ne peut se limiter à une visite protocolaire ou à la reconduction d’un constat de désaccord ». L’entretien, mué en un rendez-vous téléphonique, a finalement avorté, annulé par le président Macron à la dernière minute, sans autre forme de procès, ni explication. Personne dans l’île ne fut surpris !

Des appels à la mobilisation
La date de la visite présidentielle approchant, des appels à la mobilisation ont été lancés, notamment par le collectif Parlemu corsu qui manifestera le 23 mars pour la défense de la langue corse dans la réforme du Baccalauréat, ou l'Associu Patriottu pour protester contre la répression et le FIJAIT. Même appel à la mobilisation de Femu a Corsica qui a demandé, lundi, solennellement, au président de la République de ne pas venir dans l’île sans avoir, auparavant, donné des « gestes forts » d’ouverture et des « signes tangibles » de prise en compte des revendications insulaires. « On ne peut pas accepter que la seconde visite du président de la République se passe de la même façon : soit un show sur le plan de la communication, soit une parodie de consultation qui s’inscrit dans le canevas marketing de son grand débat national !... Ce serait mettre de l’essence sur de la braise !... La Corse entière attend autre chose », expliquait dans nos colonnes son Secrétaire national, Jean-Félix Acquaviva, député de la circonscription de Corte-Balagne. Sans parler du retour surprise des attentats non revendiqués dont on ne sait pas s’ils ont un lien ou non avec ladite visite.

Un report sine die
Quoiqu’il en soit, l’affaire semblait en bonne voie. La préfète justifiait son absence à l’inauguration de la déviation de Propriano et du tunnel de Viggianellu, mardi matin, pour cause de préparation de la visite présidentielle. « Retenue par la visite préparatoire au prochain déplacement du Président de la République, la préfète ne pourra assister à l’inauguration de la déviation de Propriano, comme elle l’avait prévu en choisissant la date avec le président de l’Exécutif », indiquait, lundi, la préfecture de Corse dans un communiqué. Au même moment était annoncée, pour les mêmes raisons, la venue, vendredi, de la ministre en charge des territoires, Jacqueline Gourault. Et puis voilà, qu’en fin de journée, on apprend subitement que le voyage présidentiel du 19 est annulé sine die. Sans aucune autre explication. Les services de l’Etat pataugent à donner plus d’informations. Aucun motif n’est avancé pour justifier l’annulation. Aucune nouvelle date n’est programmée. Jacqueline Gourault, interpelée dans les couloirs de l’Assemblée nationale par les députés de Per a Corsica, botte en touche et explique que, pour sa part, elle vient comme prévu en Corse, mais que son voyage n’a rien à voir avec celui du président de la République. Elle ne vient que dans le cadre de ses fonctions ministérielles effectuer une revue des projets en cours, notamment des PETR et autres contrats locaux… De la visite du président Macron, point nenni ! Balayée d’un revers de main !

Une dérobade ?
Néanmoins, l’annulation a tout d’une dérobade. « Comme on le pressentait, cette visite était très peu préparée et sans contenu véritable par rapport aux demandes et attentes de la Corse. Les signes solennels, qui ont été demandés, et les signes de mobilisation, qui ont été constatés sur le terrain, l’ont certainement fait, soit annuler, soit reporter. Cette visite ne pouvait pas se dérouler dans le cadre très général qui avait visiblement été pressenti et qui aurait été totalement anachronique avec ce que vit et attend la Corse », commente, à chaud, le député Jean-Félix Acquaviva. Il est vrai que le comité d’accueil et la mobilisation, qui ont commencé à se mettre en place de toutes part, ont de quoi faire reculer un président de la République qui soigne son image de rassembleur à une période toujours critique pour lui. Même s’il remonte dans les sondages, sa situation reste fragile. Ce n’est pas vraiment le moment de déraper sur une peau de banane corse ! D’autant qu’il lui faudra beaucoup de talent, si jamais il vient, pour faire oublier la désastreuse visite de février 2018 et le mépris dans lequel il enferme, depuis lors, la représentation insulaire et par là-même, toute l’île.

N.M.



Plus d'informations, cliquer ici

Partager cette actualité avec mes ami(e)s sur Facebook !


RETOUR

Autre actualités pour Calvi :
Curbara et Santa-Reparata-di-Balagna rouvrent leurs écoles

Le 05 Juin 2020

Les écoles du RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) de Curbara Santa-Reparata-di-Balagna ont rouvert les portes des écoles ce jeudi 4 juin. Environ une vingtaine d’élèves ont répondu présents à ce retour en classe.

Radio Calvi Don du sang : deux collectes à Calvi pour reconstituer les stocks

Le 05 Juin 2020

Face à l'urgence, dans le cadre d'une campagne nationale qui se déroulera du 8 juin au 11 juillet, l'Association des Donneurs de Sang Calvi-Balagne organise deux collectes exceptionnelles les mercredi 10 et jeudi 11 juin au Complexe Sportif Calvi-Balagne

Radio Calvi SC Bastia en National : «avancer avec prudence, ne pas faire n’importe quoi »

Le 05 Juin 2020

On ne pourra pas reprocher aux dirigeants du SC Bastia de ne pas communiquer. Pas moins de 4 conférences de presse en moins d’un mois. On ne s’en plaindra pas d’autant que les explications fournies à chacune d’elles sont claires, précises, lisibles.

Radio Calvi Haute-Corse : épisode de vent fort annoncé. Emploi du feu interdit.

Le 05 Juin 2020

Les services de Météo France prévoient une dégradation des conditions météorologiques pour un épisode de vent fort sur le département pouvant générer un risque important d’incendie. L’usage du feu est, dans ces conditions, interdit dans tout le département de Haute-Corse du vendredi 5 juin au samedi 6 juin inclus.

Radio Calvi Coronavirus : les quatre scénarios probables du Conseil Scientifique

Le 05 Juin 2020

"Deux semaines après la sortie du confinement, il est encore un peu tôt pour avoir une vision stabilisée sur l’évolution de la situation sanitaire mais on peut considérer que le niveau de circulation du virus est limité avec une situation contrôlée" écrit le Conseil scientifique.
"Le rôle du Conseil scientifique est de prévoir et d’anticiper les différents scénarios possibles et d’anticiper l’évolution de l’épidémie dans les semaines et mois à venir.
Dans l'avis diffusé ce jeudi, le Conseil scientifique affirme "qu’un nouveau confinement généralisé n’est pas souhaitable ni probablement acceptable considérant les enjeux sanitaires, sociaux et économiques. Il est donc essentiel de tout faire pour éviter une telle situation d’échec.
Pour préparer, la France à la suite de l’épidémie et en diminuer les conséquences, le Conseil scientifique a établi 4 scénarios probables prenant en compte la situation actuelle et les connaissances acquises depuis le début de l’épidémie : une épidémie sous contrôle, un ou des clusters critiques signes d'une reprise locale de l'épidémie, une reprise diffuse et à bas bruit de l'épidémie et une épidémie qui atteint un stade critique.
Ces scénarios permettent d’établir et de proposer des mesures à prendre dans chacune de ces situations. Les mesures doivent être élaborées dès maintenant pour anticiper et être opérationnelles lorsque cela sera nécessaire.
Les conclusions du Conseil Scientifique.

Radio Calvi
Autres actualités :